De la symbolique de la chaîne humaine comme acte de contestation

Photographie : Patricia Tutoy, avril 2013.

Organiser et participer à une chaîne humaine comme acte de contestation, au-delà de l'habituelle manifestation des points A à B, prend sa source dans le champ de la protection et de la défense d'un lieu : université, terres agricoles, par exemple, et concomitamment, pour exprimer un désaccord, un mécontentement, un refus, de la part de citoyen-ne-s, face aux décisions d'élus de la République, notamment.


Le 4 mars 2009, lors des cinq mois de grève de l'Université française, personnels et étudiants organisèrent une chaîne humaine autour de la Sorbonne à Paris. Ce fut un acte de contestation de la loi LRU, Libertés et Responsabilités des Universités, du 10 août 2007 orchestrée, au plus fort de l'été quand presque tout le monde roupille au bord de la plage, par Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Fillon, sous la présidence de Sarkozy. Dans ce cadre-là, la symbolique de la chaîne humaine fut la protection et la défense de l'Université française, son fonctionnement, ses valeurs, ses personnels, ses étudiants (1).


Le 9 mars 2013, dans divers lieux de la capitale française, des chaînes humaines (2) encerclèrent des lieux de pouvoir où se prennent des décisions sur le nucléaire civil et militaire, et aussi pour commémorer les deux ans de la catastrophe de Fukushima au Japon. Dans le second cas, les chaînes humaines eurent un sens : marquer leur solidarité avec le peuple japonais. Dans le premier cas, pourquoi encercler des lieux tels les gares, le Panthéon, le ministère des finances à Bercy, le Sénat, le ministère de l'écologie, le ministère de la défense, etc. ? Pour contester, naturellement, mais quelle symbolique alors ? Quel sens donner à ces encerclements ? Dans ce cas-là, la symbolique de protection et de défense ne s'applique pas. La réponse est en suspens. Tout commentaire sur le sujet est le bienvenu.


Ce 11 mai 2013, à Notre-Dame-des-Landes, une chaîne humaine encerclera, dès 14h, l'espace où Jean-Marc Ayrault ex-maire de Nantes et actuel Premier ministre (3) et ses copains de l'entreprise de bétonnage Vinci entendent construire un aéroport dont le pays n'a nul besoin. Encore un grand projet inutile qui ne sert qu'à bousiller des terres agricoles, expulser des paysans, bétonner à tout-va ! (4) pour se remplir les poches d'euros. Cette chaîne humaine-là a tout son sens : la protection et la défense de terres, faune, flore et paysages, et de personnes (5).

1) 4 mars 2009, chaîne humaine autour de la Sorbonne.

2) 9 mars 2013, chaînes humaines contre le nucléaire.

3) Je veux mon aéroport, et je vous emmerde.

4) La nouvelle agriculture, c'est du béton !

5) Chaîne humaine citoyenne contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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