Rien n'est pareil.

 

La larme fut.

 

Oublions

les pleurs

et recommençons,

avec patience,

en observant les choses

jusqu'à trouver l'infime différence

qui les sépare

de leur entité d'hier

et qui définit

le passage du temps et son efficacité.

 

À quoi bon pleurer pour le fruit

qui a chu,

pour l'échec

de ce profond désir,

compact comme une graine de semence ?

 

Il n'est pas bon de répéter ce qui déjà est dit.

Après avoir parlé,

avoir versé des larmes,

faites silence et souriez :

 

rien n'est pareil.

 

Il y aura des mots nouveaux pour la nouvelle histoire

et nous devons les trouver avant qu'il ne soit trop tard.

 

Ángel González Muñiz (Oviedo, 1925 – Madrid, 2008), Rien n'est pareil, Nada es lo mismo in le recueil Degré élémentaire, Grado elemental, 1962.

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