Les vivants et les morts ?

 

Ce mercredi 20 octobre, 22h12, j'écris ces lignes. Derrière l'écran de l'ordinateur, le téléviseur est allumé pour regarder les derniers épisodes de la série de huit réalisés par Gérard Mordillat, extraits de son livre éponyme  Les vivants et les morts. Une histoire de plan de sauvegarde de l'emploi, tournure machiavélique qui remplace depuis 2003 l'expression plan social : une réalité quotidienne de la France des XXe et XXIe siècles. Les huit épisodes furent diffusés entre les 6 et 20 octobre sur France 2. Pendant ce temps-là, dans les rues de France, des millions de personnes manifestent pour le retrait du projet de loi des retraites commis par le couple de délinquants Sarkozy-Woerth. Une série télévisée dont de nombreux journaux ont vanté l'originalité pour la télévision : montrer au plus grand nombre ce qu'il se passe dans les usines françaises parce que la télévision n'a pas pour coutume de s'intéresser à ceux qui engraissent les patrons. Une série qui me laisse sceptique et révoltée : quand on a vécu la fermeture d'une usine (par exemple : Sodimatex du groupe Trèves à Crépy-en-Valois), a-t-on vraiment envie d'allumer le poste pour revivre des moments douloureux ? Peut-on accepter des stéréotypes disséminés tout au long des huit épisodes, à savoir : les ouvriers passent leur temps à baiser, se bourrent la gueule à la maison ou au bistrot, ne lisent pas de livres, vont au boulot, ne pensent qu'au règlement de leurs factures, au bout de terre et aux quatre murs qu'ils ont acquis à crédit, entre autres ? Faut-il accepter qu'une telle série apprenne au téléspectateur qu'il est possible de lire des livres quand on est ouvrier grâce à l'âme bienveillante d'un médecin, individu d'une classe sociale dite cultivée, qui se penche sur le sort du personnage principal féminin pour la sortir de sa condition sociale ? Je ne suis pas ouvrière. Mais je suis fille d'ouvriers. La maison fut toujours remplie de livres, de chansons de Brel, Brassens et Ferré, mes parents et leurs amis ne passaient pas leur temps à baiser et à boire. En revanche, ils bossaient dur et sortis de l'usine ils emmenaient leurs mômes découvrir la faune et la flore dans les forêts de l'Oise, ils chantaient en français et en italien au rythme de la guitare paternelle, ils organisaient tout au long de l'année leur mois de congés payés, pour changer d'air et aller vers de nouvelles contrées, avec la toile de tente, etc.

 

Bref, je me suis "tapé" les huit épisodes des Vivants et des morts.

 

Et ce mercredi 20 octobre, de 11h à 13h30, j'ai rejoint 700 personnes (10 selon le ministère de l'Intérieur) près du Sénat à Paris, sur la place Paul Claudel, pour manifester une fois de plus notre mécontentement face au projet de loi des retraites dont nous demandons le retrait total. Des lycéens et des étudiants étaient présents. Les CRS sont restés sagement derrière les barrières, les RG furent discrets, les infiltrés aussi puisque des dizaines de journalistes reporters d'images (photographies et télévision) français et étrangers "mitraillaient" à tout-va ! Pour une fois que la presse a fonction de protéger des citoyens...

 

 

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Photographies : Patricia Tutoy.


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Je remercie très chaleureusement l'ami Jean-Claude Saget d'avoir réalisé ces trois dernières photographies.

Paris, le 20 octobre 2010.


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