Une heure et demie de pause déjeuner : le luxe. Une heure et demie sous le magnifique soleil de ce mardi 15 mars, au Jardin des Plantes, à Paris, capitale de la France, unique ville du pays ! Une heure et demie partagée entre l'ingestion d'une salade composée, assise sur un banc dans l'une des contre-allées du Jardin puis le nez dans quelques fleurs pour les immortaliser tant qu'elles peuvent encore pousser. Tandis que je photographiais des spécimens de pavots des Alpes et autre magnolia stellata, un bruit de moteur, semblable à celui d'un hélicoptère, en moins rapide, vint percuter mon ouïe. Intriguée, je levai la tête et sondai le ciel attentivement. Un ballon dirigeable, de type Zeppelin, estampillé airshipvision.eu se baladait à environ 150-200 mètres du sol. Autour de moi, personne ne levait la tête. Je pensai halluciner. Je grimpai sur un banc pour photographier l'engin. Je songeai alors qu'il s'agissait de publicité. Plusieurs heures plus tard, de retour à la maison, je cherchai des informations sur Internet.


Chers concitoyens de France, pas de souci, Nicolas Sarkozy et son staff, tous aussi incompétents et indécents les uns que les autres, en matière nucléaire, veillent sur nous ! Surtout à Paris, capitale de la France qui abrite l'Élysée, Matignon et tous les ministères. Qu'on se le dise : Paris est la seule ville de France. Dans un communiqué de presse daté du vendredi 11 mars 2011, la préfecture de police de Paris explique : « Dans le cadre d’un programme de recherche scientifique soutenu par les pouvoirs publics et suivi par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN), la Préfecture de police a autorisé le survol à basse altitude de Paris par un ballon dirigeable de type Zeppelin-NT affrété par la société Airshipvision : http://www.airshipvision.eu, dans la période du 12 au 20 mars. Ce ballon transportera des capteurs capables de mesurer la radioactivité ambiante, qu’elle soit d’origine naturelle ou artificielle. Il permettra en outre de disposer d’une cartographie de référence de la ville facilitant la détection ultérieure d’éventuelles anomalies. La Préfecture de police rappelle que ce type de mesure est régulièrement mis en œuvre dans le cadre de la sécurisation de grands évènements. » Sur scribd, site de partage de documents en ligne, communiqué disponible.

 

Pas de doute, on nous prend pour des cons : surveillance accrue dans les gares parisiennes et déploiement de militaires dans tous les coins, même derrière les poubelles et les poteaux, de poulets en civil et en uniforme prêts à mettre en taule le premier passant mal rasé, cheveux longs, baskets aux pieds, d'agents de sécurité en tous genres, etc. Dorénavant, un Zeppelin se balade au-dessus de nos têtes avec probablement des kilos de caméras et de micros qui captent les conversations téléphoniques des Terriens de Paris (1). Sous prétexte d'analyser la radioactivité ambiante, le Toto de l'Élysée (2) en profite pour imposer un nouveau matériel de répression. La dictature est proche...

 

[…] « C'est une scène de la vie parisienne : dans les gares, des soldats en treillis de combat déambulent, une mitraillette au poing. La France serait-elle en guerre ? Officiellement, ces patrouilles font partie du « plan Vigipirate », supposé protéger le pays du terrorisme, et en vigueur depuis de longues années. La fonction dissuasive d'une telle démonstration, qui est strictement nulle en ce qui concerne les terroristes, dissimule son but véritable : habituer les citadins à la banalité d'une présence militaire réservée aux dictatures. Le plus surprenant est que, chez les vaniteux Gaulois qui s'enorgueillissent encore parfois d'être la « patrie des droits de l'homme », l'affront que constitue cette exhibition ne suscite qu'indifférence. On mesure à cette passivité le degré atteint par la dégénérescence de l'esprit démocratique. »[…] in Hervé Kempf, L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie, Éditions du Seuil, L'histoire immédiate, Paris, janvier 2011, page 142.

 

Et pendant ce temps-là, des États-Uniens de la côte Ouest font des réserves de pilules d'iode pour faire face à une éventuelle contamination radioactive. En France, la Roselyne est partie avec ses vaccins anti-grippe H1N1... Pourvu qu'elle ne revienne pas avec un projet iodé !

 

(1) Je ne possède pas de téléphone portable...


(2) Nicolas Sarkozy himself.


 

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Paris, Jardin des Plantes, le 15 mars 2011. Photographies : Patricia Tutoy.


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