Verchain, village de 976 habitants, dans la banlieue de Valenciennes, dans le Nord de la France, département du Nord (le 5-9).

Une usine de fabrication d'ancres de marine.

Un plan social nouveau style...

 

Des personnages principaux
Emile Delcourt, 45 ans, patron de l'usine créée par son grand-père, droitier, vote à droite, va à la messe, joue à des jeux de société avec ses cinq enfants, vacances d'hiver à Val-d'Isère, vacances d'été en Corse ;
Burnier, 56 ans, salarié de l'usine, délégué syndical CGT, communiste stalinien ;
Aurélien Walfard, 35 ans, consultant chez Plénitudes à Paris, imposé par les actionnaires, spécialisé dans la méthode de la sociodynamique, le jeu de go, l'utilisation de sigles (TMS, Team Management Secteurs ; MPP, Management Par Projet) et de locutions (Product core teams, teambuilding outdoor), etc. Principes d'action (soit l'éthique) : zéro ;
François Leleu, 54 ans, chauffagiste spécialisé dans la climatisation, salarié de la société Gèlefion ;
Jacques Le Frapper, 41 ans, chef du personnel, rapidement promu directeur des ressources humaines (DRH), travail et paie restant inchangés.

 

Des personnages secondaires mais non des moindres
Les 396 salariés de l'usine, des délégués et adhérents de FO, le délégué syndical CFTC nommé Podvin, des gendarmes, des radars sur les routes, l'
État, des sous-ministres, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), des policiers, une société pharmaceutique, des professionnels de la santé, un hôpital public, un préfet, un procureur de la République, une direction départementale du travail et deux de ses représentants, un inspecteur et un contrôleur du travail.

 

L'histoire
En 1995, le PDG Emile Delcourt s'associe avec la société Bernard : chacun possède 40% du capital de la SA Delcourt. En 1998, elle entre en Bourse et c'est là que tout commence à aller mal. La banque Crotal & Chacal possède alors 15% du capital et exige le recours aux consultants. Après trois plans sociaux, la SA Delcourt compte aujourd'hui 396 salariés. Pour que l'usine survive, il faut se débarrasser de 25% des effectifs. Emile Delcourt découvre que le terme « plan social » n'existe plus. On parle aujourd'hui de plan de sauvegarde de l'emploi. Pour maintenir en vie son entreprise, Delcourt décide de prendre les choses en main et propose au consultant un séminaire en deux temps : 1) Poser les fondements théoriques du MPP auprès des salariés ; 2) Renforcer la cohésion du team sur un bateau. Delcourt lance ainsi, pour la première fois dans l'histoire du capitalisme, un système de plan social qu'il qualifie d'équitable. Il envisage même de créer un logiciel pour aider les DRH. Pour que son plan social fonctionne, Delcourt doit convaincre les salariés de jouer le jeu du séminaire. « N'importe quel cadre parisien se lancerait dans l'aventure, pas un ouvrier nordiste pour qui la chose était inhabituelle. Comme quoi, sur certains points, la province est moins dégénérée ». Mais sans l'aide de Burnier, délégué syndical CGT, Delcourt sait qu'il ne peut rien faire. Il demande ainsi à Burnier de convaincre le personnel de participer au séminaire. Un événement vient troubler l'organisation du plan social imaginé par Delcourt. De fait, Burnier ne peut qu'accepter d'aider son patron pour que se déroule le séminaire. Burnier formule trois conditions que Delcourt accepte : aucun encarté CGT n'assistera au séminaire. Tous les délégués et adhérents FO seront présents, ainsi que tous les autres syndicats. « Vous pouvez juste garder un CFTC si vous voulez », dit Burnier à Delcourt ; un local syndical digne de ce nom dans l'entreprise et un immeuble en ville à la disposition du syndicat ; et 10% du dividende annuel versé à la section locale du Parti...


Découvrir le plan social nouveau style inventé par Delcourt pour dégraisser son entreprise sans débourser un euro ?

Lire le roman de François Marchand,
Plan social, Éditions Le cherche midi, Paris, 2010, 120 pages.
Entre humour noir, cynisme, dérision et critiques d'une flopée d'acteurs de la société dans laquelle nous vivons, le roman de François Marchand emporte le lecteur à cent à l'heure dans une histoire où la fiction pourrait devenir réalité. Au terme de deux heures de lecture ininterrompues, le lecteur referme le livre en formulant mille voeux qu'il ne donnera pas d'idées aux patrons voyous de France et d'ailleurs.

 

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Et pendant ce temps-là, à l'appel de la Confédération européenne des syndicats, une euro-manifestation a lieu à Bruxelles (Belgique) ce mercredi 29 septembre 2010 :


 

Bruxelles 001

 

Bruxelles 2 001

 

 

Cliquer sur les images pour les télécharger ou retrouver ces documents sur le site de la Confédération européenne des syndicats.

 

A suivre.

 


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