Dans un coin du grenier je vous ai retrouvées

Jaunies par les ans dans de vieux albums dorés.

La poussière s'est déposée au fil du temps

Sur les instants furtifs de leurs amours d'antan.

 

Grand-mères, où sont donc vos robes de dentelle

Qui vous rendaient si jolies le printemps venu ?

Un jour, un geste vous a rendues immortelles

Et vous resterez à jamais dans nos coeurs nus.

 

Ni les ans ni la poussière n'ont effacé

Votre sourire mais le temps a incrusté

Mille petits secrets sur votre visage

Et partout où je vais me poursuit votre image.

 

Vos larmes ne coulent plus mais elles ont laissé

Des traces sur votre coeur et dans votre vie.

Vos cheveux, blonds autrefois, sont devenus gris

Sous la pluie de fer et de sang qui a ruiné

 

Vos amours une nuit de mil neuf-cent-quarante

Quand vous dormiez rassurées près de vos enfants.

Depuis, vos yeux meurtris ne regardent que lui

Sur cette photographie près de votre lit.

 

Crépy-en-Valois, le 26 novembre 1981.


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