Le dimanche, un poème et une image.

 

Un poème de José Gutiérrez et un dessin d'Aldo Carpi.

 

 

Les mains du poète.

 

Les mains disent ce qu'elles occultent.

Car elles emmagasinent vie, chaleur, l'éclat intact

d'une autre peau qui s'enflamma en secret,

qui céda avec tendresse ses prodiges

avant d'être mémoire, soubresaut.

 

Les mains disent ce qu'elles occultent.

Elles dessinent une lumière, et son envers

qu'est l'ombre sonore ou le silence.

Silence, mais non oubli.

Oublier est inertie, laisser le fleuve s'écouler.

Le poète creuse la mer de sa voix profonde.

Voyez ses mains qui escriment

l'épée de la lumière :

elles empoignent un son.

 

José Gutiérrez (Nigüelas, Grenade, 1955), Les mains du poète in le recueil La armadura de sal, L'armure de sel, 1980.

 

 

Aldo-Carpi--1886-1973-.jpg

Aldo Carpi (Milan, 1886-1973), dessin sans titre, 1912.

 

Dans son Diario di Gusen, Journal de Gusen, Aldo Carpi a laissé un témoignage visuel de sa déportation, à partir d'une série de dessins réalisés d'une part dans les camps nazis, d'autre part après son retour en Italie.

 

Une peinture d'Aldo Carpi : Sulla spiaggia, Sur la plage, 1953.


Retour à l'accueil