Le dimanche, un poème et une image.

 

 

Un poème de Simone Bartolomeo Dotti. (Pas d'image aujourd'hui).

 

 

Le tabac.

 

De l'Inde ô précieuse plante, ah ! que tes feuilles

Apportent grand allègement à ma douleur !

Tu brûles, de mon âme apaisant la brûlure ;

Tu fumes, ta fumée chasse au loin mes langueurs.

 

Dès lors, qui soutiendra qu'une herbe ne procure

Remède salutaire à l'amoureuse peine,

Quand tu es pour mon coeur le lénitif unique,

Et que de tes bouffées je tire un réconfort ?

 

Las, c'est bien grand malheur qu'à ma cuisante plaie

La fumée que j'expire, et la feuille cendreuse

N'offrent qu'un rafraîchissement faible et fugace.

 

Et lorsque, infortuné, l'illusion me berce

De voir de mon soulagement l'espoir en herbe,

Avec l'herbe s'en va mon espoir en fumée.

 

Simone Bartolomeo Dotti (Valcamonica, Brescia, vers 1649 – Venise, 1713).

 

En italien, le titre de ce poème est Amante che prende tabacco in fumo per sollievo delle passioni amorose, Amant qui fume du tabac pour adoucir l'effet des amoureuses passions.

 


 

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