Le dimanche, un poème et une image (ou plusieurs).


Le microscope, un poème de Giacomo Antonio Lubrano, et trois illustrations de Tullio Pericoli.

 

 

 

Le microscope.


Par quelle oeuvre magique un verre cristallin,

Un petit instrument, hyperbole des yeux,

Fait qu'en des grains de sable il fleurisse au Pérou

Que pompeuse apparaisse une parcelle d'être ?


Il séduit d'autant plus qu'il nous ment davantage :

Dans un peu d'eau menace une mer démontée ;

D'un fil soudain surgit la langue d'un éclair ;

Vous jureriez qu'est demi-tout un demi-rien.


Ainsi l'orgueil humain s'adule-t-il lui-même

Et trouvant de l'attrait à grossir ce qui trompe,

Estime qu'est un monde un atome de vide.


Fatale optique, hélas ! d'où naissent nos malheurs !

La vie n'est qu'un instant et notre sens insane

Croit voir en nos années toute une éternité.


Giacomo Antonio Lubrano (1619 – 1693), titre original L'occhialino in le recueil I Marinisti.

 

 

 

 

 

 

Tullio Pericoli

 

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