Edina Altara (Sassari, 1898 - Lanusei, 1983) et Torquato Tasso dit Le Tasse en français (Sorrento, 1544 - Rome, 1595) unis sur des calendriers de parfumerie : l'une pour le dessin, le second pour des extraits de son oeuvre Jérusalem délivrée. Pour agrémenter ses illustrations, Edina Altara mentionne de courtes phrases empruntées au texte de son compatriote.

 

Pour une lecture plus facile de l'image et du texte qui l'accompagne, sont précisés les numéros du chant et de la strophe dont les phrases sont extraites, puis celles-ci sont surlignées en rose. L'image est placée avant chaque strophe donnée dans son intégralité tant en italien qu'en français.

 

Armide (Armida en italien) est un personnage de la Jérusalem délivrée. C'est une magicienne musulmane, nièce de Hidraot (Idraote). Son aventure la plus célèbre est celle qui la lie au croisé Renaud de Châtillon (Rinaldo), chevalier chrétien qui participe aux Croisades au Moyen Âge. Armide vibre d'amour pour Renaud. Elle tente de le retenir auprès d'elle par des enchantements.

 

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Chant IV - Strophe 29

 

Argo non mai, non vide Cipro o Delo

D'abito o di beltà forme sì care :

D'auro ha la chioma, ed or dal bianco velo

Traluce involta, or discoperta appare.

Così, qualor si rasserena il cielo,

Or da candida nube il sol traspare,

Or da la nube uscendo i raggi intorno

Più chiari spiega e ne raddoppia il giorno.

 

Jamais Argos, jamais Chypre ou Délos ne virent

Aussi noble maintien, des formes si aimables ;

Sa chevelure d'or tantôt luit sous le voile

Blanc qui la ceint, tantôt se montre à découvert.

De même, quand le ciel est devenu serein,

Tantôt le soleil luit derrière un blanc nuage,

Tantôt hors du nuage il déploie alentour

Plus brillants ses rayons dont redouble le jour.


 

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Chant XIV – Strophe 66

 

Ma quando in lui fissò lo sguardo e vide

Come placido in vista egli respira,

E ne' begli occhi un dolce atto che ride,

Benché sian chiusi (or che fia s'ei li gira ?),

Pria s'arresta sospesa, e gli s'asside

Poscia vicina, e placar sente ogn'ira

Mentre il risguarda ; e 'n su la vaga fronte

Pende omai sì che par Narciso al fonte.

 

Mais quand elle a lui sur lui attaché ses regards,

Vu comme en respirant il a un air paisible

Et comme une douceur sourit dans es beaux yeux,

Fermés pourtant (qu'en serait-il, s'il les tournait ?),

D'abord elle s'arrête, incertaine, s'assied

Ensuite près de lui et sent que sa colère

Fuit en le regardant ; penchée sur ce beau front,

Elle semble dès lors Narcisse à la fontaine.

 

 

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Chant IV - Strophe 24

Dice : « O diletta mia, che sotto biondi 

capelli e fra tenere sembianze

canuto senno e cor virile ascondi,

e già ne l'arti mie me stesso avanze,

gran pensier volgo ; e se tu lui secondi,

seguiteran gli effetti a le speranze.

Tessi la tela ch'io ti mostro ordita,

di cauto vecchio esecutrice ardita. » 

 

 

O mon aimée, lui dit-il, toi qui sous les blonds

cheveux et sous de si tendres attraits

cache une prudence de vieillard et un coeur viril,

toi qui me surpasses moi-même en mon art,

je médite une grande pensée, et, si tu secondes,

le succès accompagnera mes espérances.

Achève la trame que j'ai ourdie,

en exécutrice osée des ruses d'un vieillard.

 


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Chant IV – Strophe 33

 

Lodata passa e vagheggiata Armida

fra le cupide turbe, e se n'avede.

No 'l mostra già, benché in suo cor ne rida,

e ne disegni alte vittorie e prede.

Mentre, sospesa alquanto, alcuna guida

che la conduca al capitan richiede,

Eustazio occorse a lei, che del sovrano

principe de le squadre era germano.


Armide s'avance au milieu d'une foule avide

qui la loue et l'admire, et elle s'en aperçoit.

Elle ne le montre pas, bien qu'elle s'en réjouisse

en son coeur et qu'elle en présage

de grandes victoires et des victimes.

Tandis qu'un moment indécise, elle réclame quelqu'un

qui la conduise au général, Eustache accourt

à elle, Eustache, frère de Godefroy.

 

 

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Chant V – Strophe 73

 

Subito il nome di ciascun si scrisse,

e in picciol'urna posti e scossi foro, 

e tratti a sorte ; e l' primo che n'uscisse

fu il conte di Pembrozio Artemidoro.

Legger poi di Gherardo il nome udisse,

ed uscì Vincilao dopo costoro :

Vincilao che, grave e saggio inante,

canuto or pargoleggia e vecchio amante.

 

 

Soudain leurs noms furent écrits,

placés dans un petit vase, remués,

et tirés au sort ; le premier qui parut

fut Artémidore, comte de Pembrock.

Puis on entendit proclamer le nom de Gérard,

et sortit Venceslas après eux,

Venceslas, naguère si grave et si sage et maintenant,

jeune insensé en cheveux blancs et vieillard amoureux.


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