Le dimanche, un poème et une image (voire plusieurs).


Un poème de Gabriello Chiabrera et deux images de Patricia Tutoy.



La violette.


La violette

Qui sur l'herbette

S'ouvre au matin, toute nouvelle,

N'est-elle point

Toute embaumée

Toute charmante et toute belle ?


Certainement,

Car doucement

Elle nous donne son parfum,

Emplit le coeur

De beau plaisir

Par la beauté de ses couleurs.


Jolie, rougit,

Jolie, blanchit,

Parmi les brises du matin,

Fleuron d'avril

Toujours plus beau :

Mais à la fin, que devient-elle ?


Hélas ! Déjà,

Comme l'aurore,

Bien loin de nous elle s'envole ;

Voici languir,

Voici périr

La malheureuse violette.


Toi que beauté,

Toi que jeunesse,

Enorgueillissent aujourd'hui ;

Suave peine,

Si douce chaîne

De ma prison dure et cruelle,


Ah ! Que ton coeur

Sur cette fleur

Sache régler son vert printemps ;

Pas plus ne dure,

Fortune insigne,

Cette beauté que tu possèdes.


Gabriello Chiabrera (Savona, 1552-1638).

 

La version originale du poème : La violetta.

 

 

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Crépy-en-Valois, rue des Pivoines, le 25 mars 2010.


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