Sur les quais de Seine à Paris, libérés des bagnoles le temps d'une crue, la scène interpelle. Elle chemine tranquillement. Elle ne regarde ni à droite ni à gauche, ni même tout droit ou alors très discrètement, probablement pour éviter la collision avec un de ses semblables ou bien avec une bicyclette. On la comprend : à sa droite, un mur gris ; à sa gauche, le fleuve et ses bateaux de tous gabarits et de toutes activités (navettes, bateaux-mouches, péniches, vedettes de la police nationale,...), au-dessus de sa tête, sur le quai de Gesvres, des bagnoles, camions de livraison, motos, scooters, bus, autocars de tourisme, ambulances, pompiers, voitures de police, fourgons postaux,...

Sur le chemin de halage qui borde la Maine, au niveau de sa confluence avec la Loire, la même scène se reproduit. Après quatre jours d'absence, le soleil brille en ce premier vrai dimanche de printemps. La lumière est belle, le fond de l'air est frais, les premières hirondelles (arrivées le jeudi 28 mars) virevoltent, les hérons cendrés s'envolent au moindre froissement de feuilles, les canards colverts glissent sur l'eau. Sans bruit une toue cabanée remonte la Maine. Elle avance d'un pas bien assuré, elle ne regarde ni à sa droite (la Maine), ni à sa gauche (les prairies), ni devant elle (le chemin et les promeneurs). Elle ne lève pas la tête, ne salue personne, poursuit son bonhomme de chemin la tête dans un livre.

 

 

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Paris, le 15 février 2013.

 

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Bouchemaine, le 7 avril 2013.

 

À propos du titre de l'article : péripatéticienne, du terme grec peripatein, « se promener ». Aristote enseignait au lycée d'Athènes en se promenant.

 

Texte et photographies : Patricia Tutoy.

 

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