Le dimanche, un poème et une image.

 

Un poème de Dino Campana (Pas d'image aujourd'hui).

 

 

La nuit.

 

Je me souviens d'une vieille cité aux remparts rouges, hérissée de tours, brûlante dans la plaine immense de l'août torride, à l'arrière-plan la fraîcheur lointaine de collines vertes et molles. Arches énormément vides de ponts sur le fleuve marécageux, sur les maigres stagnations plombées : silhouettes noires de bohémiens mouvantes et silencieuses sur la berge ; dans l'éblouissement lointain des roseaux lointaines formes nues d'adolescents et le profil et la barbe judaïque d'un vieillard : et tout à coup du milieu de l'eau morte les bohémiennes et un chant, du marécage aphone une complainte primordiale monotone et irritante : et du temps fut suspendu le cours.

 

Dino Campana (Marradi, 1885 – Castel Pulci, 1932), La nuit (1) in Canti orfici, Chants Orphiques.

 

La version originale du poème : La notte.

 


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