Le dimanche, un poème et une image.

Un poème de Niccolò da Correggio et une image de Quint Buchholz.




La douce liberté que désire chacun

A vil prix cependant de nos jours est vendue,

Et si la raison blâme une modeste erreur,

L'excuse est tôt trouvée : « Je vais cherchant la gloire ».

 

Mais quand le tort subi invite au repentir,

Qui dépense pour rien son sang, son temps, ses biens,

Comprend finalement comme elle est précieuse

Et de soi-même à soi vraiment il se plaint.

 

Ni les ans ni trésor dépensé ne reviennent ;

Mais cette liberté nous guide si souvent

Qu'un de ses jours nous paie à lui seul de mille autres,

Et bien plus douce est l'eau qu'elle offre dans un verre

Qu'à la cour le falerne* en une coupe d'or.

Ô bienheureux celui qui sait le reconnaître !

 

Niccolò da Correggio (Ferrare, 1450-1508).


* Le falerne est un vin de Campanie.

 

La version originale du poème : La dolce libertà che ciascun brama.


Niccolò da Correggio, allié à la famille d'Este, mais de petite noblesse, remplit de nombreuses missions diplomatiques et militaires et offrit également ses services de poète et d'auteur dramatique aux cours de l'Italie du Nord et du centre. La plus importante parmi ses oeuvres théâtrales est la Fabula di Cefalo, jouée à la cour de Ferrare, en 1487. Cette version heureuse de la fable d'Ovide constitue l'un des premiers exemples de pièce en langue vulgaire régulièrement divisée en actes et en scènes. Sa Fabula Psiches e Cupidinis, poème narratif inspiré d'Apulée, qu'il composa vers 1490, n'est pas sans qualités et quelques-uns de ses sonnets, restés épars, comptent parmi les meilleurs qu'ait alors produit l'Italie du Nord. (Texte de Danielle Boillet).

 

(Le poème n'a pas de titre. J'ai extrait le premier vers pour intituler le présent article).

 

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Quint Buchholz.

 

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