Des travaux d'amélioration des voies ferroviaires sur la ligne Crépy-en-Valois (Oise) - Mitry-Claye (Seine-et-Marne) entraînent une modification des moyens de transport. Depuis le 16 novembre et jusqu'au 18 décembre 2009, entre 9h et 17h, des cars se substituent aux trains. Naturellement, le déplacement vers Paris requiert plus de temps. Une fois arrivés à Mitry-Claye, après une heure de car depuis Crépy-en-Valois, les voyageurs "se tapent" le RER B jusqu'à la gare du Nord qui n'est pas toujours la destination finale. Quand tout fonctionne bien, le temps de déplacement est égal à 1h30. Dans le pire des cas, ce sont deux heures, voire trois, pendant lesquelles on peut converser avec ses voisins, se plonger dans les nouvelles désastreuses du Monde ou relire le livre A cauchemar is born de Jean-Charles Massera, roupiller ou bien encore regarder le paysage : soit la plaine picarde jusqu'au Plessis-Belleville, terre de betteraves à sucre, parsemée ça et là de bois, d'arbres, de haies, de villages et de clochers. Pour les minarets, il va falloir attendre  encore quelque temps quand on sait les résultats du vote suisse et les propos racistes et xénophobes de ministres français, de maires de villages et de citoyens lambda dans le cadre du grand débat à la con sur l'identité nationale lancé par Eric Besson, le ministre des charters et des expulsions (ex-membre du Parti socialiste français !), et en dehors du cadre du grand débat à la con, aussi.
 
C'est lors d'un premier déplacement en car que j'en aperçus trois, paumés au milieu des champs. Me revint alors en mémoire une émission de radio traitant de l'arbre en général et de l'arbre champêtre en particulier. En écoutant cette émission, j'avais souri car tous les arbres sont champêtres pour moi. Je me trompais !
Je tentai de repérer un chemin menant aux trois arbres : pas de chemin au premier coup d'oeil, ni même au second. J'observai les alentours. Le car passait à proximité de la pépinière sur la route entre Nanteuil-Le-Haudouin et Le Plessis-Belleville. A gauche des trois paumés, on apercevait le clocher de l'église de Montagny-Sainte-Félicité, à droite les silos de Nanteuil-Le-Haudouin. Dans l'avenir, j'avais toutes les chances d'approcher ces arbres champêtres. Je les espérais en plein champ et non pas au bord d'un chemin.

Je fus ravie lorsque je parvins jusqu'à eux : plein champ, pas de chemin. De fait, depuis la route, je parcourus trois kilomètres aller-retour à travers champs, à moitié courbée par les rafales de vent qui balayaient la plaine ce samedi 28 novembre  2009 en début d'après-midi. La matinée s'était déroulée en réunion d'une association de défense des usagers de la ligne ferroviaire Paris-Laon-Crépy-en-Valois...
Je cheminai sur une terre bien grasse, tout juste retournée, après la moisson des betteraves. De la boue jusqu'aux mollets, l'appareil photo en bandoulière, j'arrivai péniblement... auprès de mon arbre. Cette petite expédition champêtre fut l'accélérateur de mes tourments vertébraux. Cependant, son souvenir est agréable et la rencontre avec les trois arbres champêtres un ravissement. Comme je ne suis pas botaniste, je suis incapable, pour l'instant, de nommer ces arbres. C'est plus facile de se promener à l'Ecole botanique du Jardin des Plantes où arbres, plantes, fleurs, légumes et fruits possèdent une étiquette d'identification. En revanche, en pleine plaine, c'est plus ardu, l'agriculteur  du coin ne s'encombre pas avec les étiquettes, sachant que le visiteur est plutôt rare.

Avant les images, quelques lignes sur l'arbre champêtre en particulier et l'arbre en général :

L’arbre champêtre est un arbre hors forêt. Par définition la dénomination "arbre hors forêt" désigne tous les arbres qui ne sont pas rassemblés en massif et qui ne sont pas directement destinés à l’exploitation sylvicole. La définition de l'adjectif champêtre est : qui appartient, qui a rapport aux champs ; qui est dans les champs, loin des villes. Etymologie : provençal, espagnol et italien campestre ; du latin campestris, de campus, plaine.

 

L’arbre champêtre est la victime des remembrements et de la mécanisation depuis une cinquantaine d'années. Son homologue urbain n’est guère mieux loti, soumis aux pollutions atmosphériques dues à la circulation, au sel de déneigement, aux contraintes de réseaux et à un environnement très agressif (sécheresse, réverbération, volume de sol prospectable par les racines insuffisant, etc.). Peu nombreux sont les arbres urbains en parfait état de santé et longévifs.

Isolé, en alignement ou en bosquet, en ville ou à la campagne, exotique ou local, l’arbre est notre quotidien mais quelle place occupe-t-il dans les écosystèmes ?
L’arbre est un être vivant qui se situe à la base de la chaîne alimentaire. Transformant l’énergie solaire et le dioxyde de carbone atmosphérique en matière carbonée, il fournit comme tous les végétaux une nourriture assimilable par les animaux. Par sa longévité et ses dimensions, ses relations avec les autres êtres vivants sont particulières. Pour de nombreuses espèces, il représente un lieu indispensable à la vie (reproduction, refuge, nourriture, etc.).

L’arbre est une assurance pour la pérennité des territoires. Il est aussi un agent général d’équilibre. Outre la production de bois et de produits sylvicoles, l’arbre est un enjeu planétaire dans la mesure où il influe et contribue largement aux grands cycles biologiques et climatiques mondiaux :
- Régulation et épuration de l’eau,
- Amortisseur climatique et accumulateur d’énergie,
- Modérateur des phénomènes de crise : sécheresse, inondation, tempête, excès thermiques,…
- Gisement de biodiversité,
- Améliorateur du sol et facteur de la santé et de la vitalité des terres et plantes cultivées, production de biomasse , de bois et de bio-ressources diverses,
- Instrument d’harmonisation esthétique et qualité du cadre de vie.

Plus d'informations sur les arbres et haies de Picardie, télécharger le PDF dont une partie du texte ci-dessus est extrait.

Sites à consulter :

A.F.A.H.C. - Association Française Arbres et Haies Champêtres.

I.N.R.A. - Institut national de la recherche agronomique. Agriculture et biodiversité : rapport d'expertise.








Dans le fond de l'image, à gauche de l'arbre : le clocher de l'église de Montagny-Sainte-Félicité.









Dans le fond de l'image, à gauche de l'arbre, les silos de Nanteuil-Le-Haudouin.






Les deux autres arbres champêtres. A leur gauche, les silos et la zone industrielle de Nanteuil-Le-Haudouin.

Finalement, les déplacements en car, très inconfortables et chronophages, favorisent la découverte d'aspects de la nature ou de bâtiments construits par l'Homme. Car le car surélève le voyageur et lui permet un champ de vision élargie. C'est ainsi qu'avant le repérage des arbres, mon oeil avait capté une construction coincée entre le terrain de foot de Nanteuil-Le-Haudouin et un bois. Quel étonnement ! J'étais passée là des milliers de fois depuis mon enfance, j'étais même venue, adolescente, encourager l'un de mes frères, footballeur à l'époque, devenu depuis des lustres un rugbyman averti. Oui, j'étais venue là, j'étais passée par là et je n'avais jamais vu la chapelle Notre-Dame des Marais à Nanteuil-Le-Haudouin...

A suivre
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