Le dimanche, un poème et une image.

 

Un poème de Cesare Pavese et une photographie de la place d'Espagne.

 

 

Je passerai par la place d'Espagne.

 

Le ciel sera limpide.

Les rues s'ouvriront

sur la colline de pins et de pierre.

Le tumulte des rues

ne changera pas cet air immobile.

Les fleurs éclaboussées

de couleurs aux fontaines

feront des clins d'oeil

comme des femmes gaies.

Escaliers et terrasses

et les hirondelles

chanteront au soleil.

Cette rue s'ouvrira,

les pierres chanteront,

le coeur en tressaillant battra,

comme l'eau des fontaines.

Ce sera cette voix

qui montera chez toi.

Les fenêtres sauront

le parfum de la pierre

et de l'air du matin.

Une porte s'ouvrira.

Les tumultes des rues

sera le tumulte du coeur

dans la lumière hagarde.

 

Tu seras là – immobile et limpide.

 

28 mars 1950.

 

Cesare Pavese (Santo Stefano Belbo, Cuneo, 9 septembre 1908 – Turin, 27 août 1950), Je passerai par la place d'Espagne, La mort viendra et elle aura tes yeux, in le recueil Travailler fatigue.

 

D'autres poèmes de Cesare Pavese :

 

Révolte,

 

Indiscipline,

 

Crépuscule de dragueurs,

 

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Fumeurs de papier,

 

Discipline,

 

Chanson,

 

You, wind of March,

 

Agonie,

 

Travailler fatigue.

 

 

Place-Espagne-Rome.jpg

Place d'Espagne, Rome, Italie. Source image.


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