Les samedi 4 et mardi 7 septembre 2010, deux événements auront lieu en France. Le 4 septembre, un rassemblement citoyen est organisé pour célébrer le 140e anniversaire de la naissance de la République française. Face aux propos nauséabonds, racistes et xénophobes de Nicolas Sarkozy, président de la République française, tenus lors de son discours du 30 juillet à Grenoble, et face aux actions contestables et contestées de Brice Hortefeux, Eric Besson et consorts, il est important, voire vital, de leur rappeler les valeurs qui fondent la République : liberté, égalité, fraternité. Le 7 septembre, une manifestation pour le retrait du projet de loi des retraites voulue par le même Sarko devrait rassembler des millions de personnes !

 

Préparer sa participation à ces deux événements devrait être essentiel pour chacun. De fait, voici, dans un premier temps, quelques conseils pratiques pour confectionner une pancarte ou une banderole. Dans un second temps, sont présentés des modèles qui ont fleuri, en France, lors de manifestations entre 2007 et 2010 : un florilège en l'honneur de Nicolas Sarkozy.

 

I. Créer une pancarte ou une banderole (au moindre coût)

 

1. Matériel et explications du choix du support :

- Carton récupéré où l'on veut (poubelles de supermarché, après le marché, auprès de boutiques dont les gérants seront contents de se débarrasser des emballages, etc.),

- Paire de ciseaux, cutter, bref tout ce qui peut découper le carton selon son épaisseur,

- Scotch large et résistant, colle, agrafeuse,...

- Feutres, peinture en pot, en aérosol,...

- Bâton (type bambou car léger ou bien manche à balai en plastique) sur lequel on fixera la pancarte. Attention, dans ce cas, une main est immobilisée pour tenir le support de l'oeuvre d'art ; sauf si l'on possède un sac à dos où l'on peut insérer le bâton. Vigilance recommandée : se mouvoir avec grâce pour éviter de scalper les voisins de cortège...

- Ficelle épaisse ou corde pour avoir les mains libres pour :
applaudir,
faire signe aux amis ou aux connaissances,
photographier,
extraire la bouteille d'eau du sac à dos (ou la fiole de grappa),
manger un casse-croûte saucisses-frites (ingrédients selon les goûts de chacun),
faire signer des pétitions,
distribuer des tracts,
frapper dans les mains en même temps que l'on scande des slogans ou que l'on entonne couplets et refrain de Bella ciao, par exemple. Si on ne connaît pas les paroles de ce chant (1943) des partisans italiens contre le fascisme, on peut s'entraîner avec cette vidéo.

 

Il est important de réfléchir au support de la pancarte car, selon la météo, il peut révéler ses avantages et ses inconvénients (pour ces derniers, l'expérience acquise dans une manifestation permettra de mettre en oeuvre des améliorations pour la suivante) :

La pancarte avec support bâton : sous le soleil, elle peut se transformer en ombrelle. Sous la pluie, idem. Toutefois, selon l'épaisseur du carton, le risque encouru est la décomposition de la pancarte. On finit ainsi la manifestation sans le message essentiel qu'on veut adresser aux cons qui sont la cause du rassemblement.

La pancarte avec ficelle ou corde, passée autour de la taille ou du cou : sous le soleil, elle capte les rayons et fait crever de chaud ; sous la pluie : si le carton est épais, davantage de protection.

 

2. Fabrication :


- Découper le(s) carton(s) aux dimensions voulues.

- Renforcer les angles et pliures avec le scotch large et résistant ; rigidité assurée.

Pour la pancarte avec bâton : deux cartons aux dimensions identiques à coller l'un sur l'autre après avoir inséré le bâton. Prendre un carton et enduire sa surface de colle qui « colle tout et en moins d'une minute » ; en son milieu, poser le bâton, recouvrir avec l'autre morceau de carton. Agrafer les quatre côtés puis ajouter du scotch large et résistant.

 

Pour la pancarte avec ficelle ou corde : même procédé que ci-dessus avec quelques variantes ; coller (ou agrafer) la ficelle ou la corde sur les côtés du premier carton. Laisser quelques centimètres de ficelle ou corde pour l'attacher à la taille ou autour du cou. Pour la partie de ficelle qui risquerait de râper la peau du cou, envisager un morceau de toile de coton pour atténuer les frottements.

 

3. Décoration :

 
Pendant la création de la pancarte ou de la banderole, réfléchir au message à transmettre.

Sur du papier blanc (ou de couleur), écrire le message (feutres) ou le peindre [Peinture hors aquarelle, gouache, peinture à l'huile car trop onéreuses. Privilégier plutôt la peinture  anti-rouille (onéreuse mais solide) qu'on utilise pour rafraîchir les grilles de jardin : en cas de pluie, pas de coulures. Si on habite en appartement, demander un échantillon à un voisin qui a la chance d'habiter une maison et avec qui on entretient de bonnes relations, ou bien aller au bazar du coin requérir un échantillon... gratuit. Si on habite un hameau, donc une maison, une ferme ou une caravane, mêmes conseils que ci-dessus]. On peut aussi imprimer le message : dans ce cas, comme dans les autres, privilégier une impression à l'encre noire sur papier blanc car plus visible par les journalistes de la presse écrite et télé qui s'empresseront de s'abattre sur la pancarte pour l'immortaliser. Peut-être fera-t-elle l'ouverture d'un journal télévisé ou la première page d'un quotidien du lendemain ! 

 

La pancarte est recommandée pour une seule personne. Si l'on est au moins deux, privilégier la banderole : choisir un vieux drap de coton blanc assez épais, agrafer (ou coudre à la main ou à la machine) à chaque extrémité un bâton type bambou ou manche à balai en plastique. Ecrire le message avec une peinture aérosol. Faire quelques trous avec des ciseaux dans le morceau de tissu pour que le vent s'y engouffre ; cela facilite le déplacement des porteurs et évite le gonflement de la banderole.

 

II. Florilège en l'honneur de Nicolas Sarkozy


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Villetaneuse, Université Paris Nord 13, mobilisation pour le retrait de la loi LRU (Liberté et Responsabilités des Universités), le 19 novembre 2007.

Le Plan B a publié son dernier numéro en mai-juin 2010.

 

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Paris, manifestation pour le retrait des réformes de l'Education nationale, le 24 mai 2008.

 

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Paris, manifestation interprofessionnelle pour le retrait de toutes les lois et pour le départ de Sarko & Co., le 19 mars 2009.

 

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Paris, manifestation interprofessionnelle pour le retrait de toutes les lois et pour le départ de Sarko & Co., le 19 mars 2009.

 

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Paris, manifestation interprofessionnelle pour le retrait de toutes les lois et pour le départ de Sarko & Co., le 19 mars 2009.

 

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Paris, manifestation interprofessionnelle pour le retrait de toutes les lois et pour le départ de Sarko & Co., le 19 mars 2009.

 

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Paris, manifestation interprofessionnelle pour le retrait de toutes les lois et pour le départ de Sarko & Co., le 19 mars 2009.


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Paris, défilé de la Fête du travail, le 1e mai 2009.

 

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Paris, manifestation pour le retrait du projet de loi des retraites, le 24 juin 2010.

 

Le florilège (non exhaustif) en l'honneur de Nicolas Sarkozy se poursuit sur l'album dédié et dans la rubrique Une France en luttes.

Merci à tous ceux qui ont confectionné pancartes et banderoles : du support au message.

Mon unique création de pancarte fut à l'attention de Xavier Darcos, ex-sinistre de l'Education nationale de mai 2007 à juillet 2009, c'est ici (les quatre dernières photographies de l'article).

Photographies : Patricia Tutoy.

 


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