Dans la campagne picarde, côté sud de l'Oise, certain soir d'hiver, on "cause" émissions de gaz à effet de serre et dérèglement climatique. On aborde aussi des sujets atomiques comme les centrales nucléaires, des sujets très électriques dans la région de Verberie comme les centrales thermiques à gaz que voudrait bien construire Direct énergie au coeur d'un biocorridor, des sujets puants sur les déchets de toutes sortes et les trous dans la Terre pour les enfouir du côté de Crépy-en-Valois, Ormoy-Villers et Péroy-Les-Gombries, sur des sites classés Natura 2000, des sujets très explosifs comme le gazoduc de l'Arc de Dierrey. Et naturellement on parle des énergies fossiles (charbon, pétrole) en voie de rareté (disent les experts en tous genres, plus escrocs qu'autre chose et liés à des lobbies toujours prêts à fourguer leurs camelotes aux gens de la campagne...). Mais qui dit campagnard ne dit pas tocard. Loin de là ! Dans le sud de l'Oise, les ruraux, les citadins, les néo-ruraux, indigènes et pièces rapportées, ne se laissent pas tous compter fleurette par les marchands de vent. Des associations de protection de l'environnement oeuvrent en informant la population, distribuent des tracts, organisent des rassemblements, des réunions ou des manifestations, bloguent, réalisent des photographies, assurent des veilles sur les divers projets et autres travaux en cours.

Dans le sud de l'Oise, les habitants sont harcelés par téléphone pour la pose de panneaux photovoltaïques sur les toits des maisons. Les collectivités publiques, par exemple le Conseil général de l'Oise tendance majoritaire Parti socialiste, prônent les atouts de l'éolien. Nous v'là bien avec l'éolien. Dans le sud de l'Aisne, après Villers-Cotterêts (ville natale d'Alexandre Dumas) vers la Ferté-Milon (ville natale de Jean Racine) sur la route qui mène à Château-Thierry (ville natale de Jean de la Fontaine), du côté de Charly-sur-Marne (dans le 0-2, département de l'Aisne, et pas dans la Marne !), les champs se couvrent peu à peu d'éoliennes qui travestissent et enlaidissent la plaine picarde. Bref, certain soir d'hiver, depuis Crépy-en-Valois, on organise un co-voiturage pour aller écouter Pierre Radanne, ex-président de l'ADEME, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (1998-2003) et qui, depuis 2003, fait des conférences chez les ploucs pour instiller dans leurs esprits les bienfaits du photovoltaïque et de l'éolien, entre autres. Sur la base d'un powerpoint où manquent des références scientifiques et bibliographiques, Pierre Radanne vanne notamment les Etats-Unis et la Chine à propos de leur non-respect de la réduction d'émissions de gaz à effet de serre et donc coupables du dérèglement climatique. Pierre Radanne prend des exemples et incrimine des pouvoirs publics et des populations à l'autre bout de la planète. Echauffée par ses propos, j'ai pris l'air sur le parking devant la salle polyvalente de Saint-Sauveur, ce mercredi 9 février. Et j'ai compté le nombre de véhicules garés là. Puis, dans la salle, j'ai compté le nombre de participants. Le bilan est désastreux : 119 personnes, 75 voitures et 1 bicyclette ! Le dérèglement climatique c'est la faute de l'autre, là-bas, aux fins fonds de la planète Terre... C'est pas nous !

Je m'oppose, depuis la construction de la centrale nucléaire de Golfech, au nucléaire. Je m'oppose au photovoltaïque et à l'éolien sur deux points essentiels pour les générations futures : leur durée de vie est approximativement de 25 ans. Au terme de ces 25 ans, que fera-t-on des déchets (panneaux et éoliennes) ? Les laissera-t-on pour les uns sur les toits des maisons, pour les seconds dans les champs ? Démonter une éolienne en fin de vie revient à environ 90.000 euros. Qui voudra investir autant d'argent ? Sûrement pas les agriculteurs qui les implantent actuellement dans leurs champs pour remplir leurs comptes au Crédit agricole. Sûrement pas les pouvoirs publics. Si un jour le promeneur s'aventure jusqu'à Villers-Cotterêts, près de la gare voyageurs, il découvrira des silos à blé construits il y a plus de 40 ans : ils n'ont jamais servi et personne n'a voulu dépenser du pognon pour les démolir.

Dans le jardin, on a planté les dernières éoliennes modèle février 2011. On n'a pas eu besoin d'hélicoptère et de tonnes de kérosène pour les photographier...

 

 

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Crépy-en-Valois, dans le jardin, perce-neige géants, le 11 février 2011. Les regarder aussi, photographiés au ras du sol, sur Flore en Valois.

Photographies : Patricia Tutoy.

Comme l'écrit Fakir, "journal picard fâché avec tout le monde. Ou presque" :  À la fin c'est nous qu'on va gagner !

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