Viens mon amour

Prends ma main

Je t'emmène

Où tu veux aller

 

Viens mon amour

Ne crains rien

Si le chemin est sinueux

Je suis ton guide

 

Viens mon amour

Regarde-moi

Plonge-toi serein

Dans cet azur troublé

 

Viens mon amour

Effeuille mes cheveux

Égare-toi avec langueur

Comme tu sais faire

 

Viens mon amour

Écoute les murmures

du monde agité

Nous sommes au centre.

 

Viens mon amour

Allume les étoiles

Trace la voie vers la liberté

À l'humanité maltraitée.

 

Viens mon amour

Étreins-moi

Jusqu'à manquer d'air

Et tituber béats.

 

Viens mon amour

Ferme les yeux

Épanouis-toi

Là sur ma peau.

 

Viens mon amour

Emporte-nous loin d'ici

Avec tes sourires

Qui donnent la clarté.

 

Viens mon amour

Viens

Viens près de moi

Tout contre.

 

Nous étendons le soleil comme un tapis.

 

Patricia Tutoy

Paris, le 2 mars 2001.

 

Il m'arrive d'être frappé par la beauté d'un vers qui a perdu son éclat en quittant sa langue maternelle. Ainsi, dans la Bible, la ligne 39 du psaume 105, où l'on chante Dieu guidant les Hébreux dans le désert. Le texte officiel de l'Église le traduit : « Il étendit une nuée pour les protéger ». Mot à mot il s'agit au contraire de : « Il étendit un nuage comme un tapis. » Erri De Luca (Naples, 1950), Un nuage comme tapis, traduction française 1996, page 11.


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