Ils mirent un canoë rouge à l'eau, au pied des piliers gris du pont ferroviaire de Bouchemaine. Ils prirent les rames vertes et ramèrent, l'un à bâbord, l'autre à tribord, alternant de temps à autre la manoeuvre. L'embarcation glissa sur la Maine bleue, accueillante et tranquille. Le ciel, bleu aussi, ne supporta aucun nuage. Le soleil inonda tout. Le silence de la promenade fut parfois interrompu par le moteur d'une toue cabanée, d'une pirogue ou d'un petit bateau de pêche. Sur l'eau on ne rencontre pas toujours des écolos dans des bateaux. Dans les airs, deux U.L.M. survolèrent la zone dans un concert de moteurs étourdissants. Sur la terre ferme, on entendit des mobylettes aux pots d'échappement trafiqués et autres quads semer la zizanie parmi des colonies de hérons, aigrettes garzettes, cygnes et canards. Les poissons aussi frétillèrent en bans et donnèrent un spectacle sur l'eau : leur passage forma des vagues ou des ronds par dizaines. Dans le lointain de l'horizon, on aperçut la silhouette d'une montgolfière dont l'enveloppe assurait la promotion de l'écureuil le plus connu de la place publique.

Ils admirèrent le paysage, entendirent l'écho des conversations de promeneurs, marcheurs ou cyclistes, qui parcouraient le chemin de halage de Bouchemaine à Angers ou d'Angers à Bouchemaine, écoutèrent ce fourmillement d'hommes, d'oiseaux et de flore sous le vent léger et caressant. Ils dépassèrent le pont de Pruniers, accostèrent pour admirer un coin du lac de Maine, embarquèrent de nouveau, se reposèrent quelques instants au milieu des flots, avant de prendre le chemin du retour.

C'était le 15 août. À l'occasion des J.M.J., journées mondiales de la jeunesse catholique, des milliers de pèlerins piétinèrent, avant l'ouverture officielle des festivités, le 16 août, la place de la Puerta del Sol à Madrid au grand dam des Indignados. Des centaines d'autres gravirent les ruelles de Chartres pour atteindre la cathédrale Notre-Dame ou bien assistèrent à la messe en plein air au sanctuaire de l'église Notre-Dame, érigée depuis le XVe siècle sur une roche volcanique veinée de quartz, au coeur de l'île de Béhuard (1). Ce dernier lieu fut visité le lendemain par deux rameurs amateurs d'architecture, d'Histoire et de flore, indifférents à la chose religieuse, seulement là en quête de quiétude sur des bords de Loire épuisée (2).

 

(Cliquer sur les images pour les agrandir).

 

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Le pont ferroviaire de Bouchemaine.

 

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Le pont de Pruniers ou pont du petit Anjou ou pont de la Libération.

 

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Une pirogue à moteur... pour jouer les fainéants, car, en dehors des vacances et des jours fériés, les spécialités sportives sont redoutables (3).

 

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Une toue cabanée.

 

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Dans le fond de l'image, Angers.

 

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Une aigrette garzette au repos.

 

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Le pont ferroviaire de Bouchemaine.

 

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Une toue cabanée.

 

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Bouchemaine, le 15 août 2011. Photographies : Patricia Tutoy.

 

Notes :

(1) L'arbre perché de l'île de Béhuard.

(2) La Loire épuisée.

(3) Les spécialités sportives sont redoutables...


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