Vers 1918, Edina Altara suit son père à Casale Monferrato où il s'est installé après avoir quitté son épouse. […]. Elle se consacre alors à l'illustration. Le passage à ce nouvel espace d'activité – où Raffaello Giolli (directeur de la revue milanaise Pagine d'Arte et critique d'art) l'avait initiée en 1917, en publiant un de ses collages (Rose di Barbagia) en couverture de Pagine d'Arte et en lui demandant un en-tête pour un article qui lui était dédié sur La Sorgente – offre à Edina Altara un moyen d'assurer son existence matérielle et lui facilite l'insertion dans le contexte national [Note de la traductrice : par opposition au contexte régional de la Sardaigne], mais dans le même temps cela conditionne son évolution artistique.

Etre femme la destine « naturellement » à travailler pour des revues de mode et des journaux pour enfants (Cuor d'Oro,
Il Balilla*, Lidel**, La donna ) […]. Le sens exact des rythmes de la mise en pages, la fantaisie des couleurs et surtout l'esprit distrayant et féérique d'Edina Altara – qualités qui font d'elle une illustratrice de premier plan – émergent librement dans les premières planches créées pour Il Giornalino della domenica, sur des images légères et comme ondulant sur la page de L'acqua muta di San Giovanni che guarisce tutti i malanni, L'eau muette de San Giovanni, ou sur celles riches de mystérieuses suggestions nocturnes de La legenda del golfo degli aranci, La légende du golfe des orangers, deux contes de l'écrivaine Gemina Fernando*** publiés en 1920.

Moins de trois ans plus tard, les couvertures toujours aussi élégantes de l'artiste pour Il Giornalino della domenica, Cuor d'Oro et autres revues ont pourtant perdu beaucoup de cette légèreté et de cette vivacité pour se conformer au ton puéril d'un genre d'illustration pour enfants, toute de tendres petits diables, de petites bouches en forme de coeur et de gros yeux écarquillés.

 

Source :Giuliana Altea, Edina Altara, Editeur Ilisso, collection I maestri dell'arte sarda (Les maîtres de l'art sarde), 2006, 127 pages, uniquement disponible en italien. Texte extrait de la partie intitulée L'illustrazione tra la nursery e il salotto (L'illustration entre la nursery et le salon), pp. 26-29. Traduit de l'italien par Patricia Tutoy, le 14 septembre 2009.

 

Les astérisques n'apparaissent pas dans le texte original. Je les ai ajoutés pour donner des informations sur Il Ballila, Lidel et l'écrivaine Gemina Fernando :

* Il Ballila : fondé par Il Popolo d'Italia, Le Peuple d'Italie (organe du parti national fasciste).

**
Lidel : les cinq lettres qui composent le titre de la revue correspondent à Letture, Illustrazioni, Disegni, Eleganza, Lavori, Lectures, Illustrations, Dessins, Elégance, Travaux, et au pseudonyme journalistique de sa fondatrice et directrice, Lydia Dosio De Liguoro.

*** Gemina Fernando a notamment traduit en italien deux livres d'Honoré de Balzac :
Eugénie Grandet et Mémoires de deux jeunes mariées.


 

 

 


Seri seri come piccoli religiosi in processione, la fanciulla non corre-vola, Très sérieux comme de petits religieux en procession, la petite fille ne court pas-vole, Illustrations pour le conte de Gemina Fernando, L'acqua muta di San Giovanni che guarisce tutti i malanni, L'eau muette de San Giovanni qui guérit toutes les maladies, sur Il Giornalino della domenica, 1e août 1920.







Illustrations pour le conte de Gemina Fernando, La leggenda del golfo degli aranci, La légende du golfe des orangers, sur Il Giornalino della domenica, 21 novembre 1920.

 

 

 


Illustrations pour Eugenio Elatcic, Fer-Ferka, sur Il Giornalino della domenica, 30 novembre 1923.

 

 


Couverture de Cuor d'Oro, Coeur d'Or, août 1922.


Deux couvertures du Giornalino della domenica furent réalisées par Edina Altara et déjà présentées ici :

Sorelline, Petites soeurs, 15 juillet 1923.

 


La bambola nuova, La nouvelle poupée, 15 janvier 1924.


Pour voir d'autres illustrations d'Edina Altara parues sur Il Giornalino della domenica, rendez-vous sur l'album d'images de Federico Spano.

 

A suivre.

 

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