Le poème de Christine pour Marina Petrella
Pour Marina PETRELLA
Jamais je n'aurais pensé à ça
C'est arrivé dans mon pays à moi
Dans mon cher hexagone
Le pays des droits de l'homme
Hypocrisie d'état
Je suis désolée
Mais comment le dire
Mais comment l'écrire
Je suis dégoûtée
Jamais ça n'aurait dû arriver
Je me sens triste et souillée
Soi-disant recherchée
Alors que jamais tu ne t'es cachée
Tu avais un beau métier
Tu avais fondé une famille
On a brisé la confiance de tes filles
Mais où est donc la justice
Qui se doit d'être impartiale
Qui se doit d'être sensée et réfléchie
Qu'est-ce que j'aurais dit, à dix ans,
Si on m'avait volé ma maman ?
Si elle était en train de mourir
A cause d'un pays qui la fait souffrir ?
Si j'avais déjà compris l'équation
"Extradition de Marina
Égal mensonge d'état" ?
Maudits soient ceux d'où vient cette décision !
Je suis désolée
Mais comment le dire
Mais comment l'écrire
Je suis dégoûtée
Jamais ça n'aurait dû arriver
Je me sens triste et souillée
Ils ont commencé par Paolo Persichetti
Continué par Cesare Battisti
Maintenant c'est toi...
Mais pourquoi ?
A croire que faire le mal
Est un métier qui réussit !
Par pure démagogie
Pour tenter de nous duper
Essayer de nous apaiser
Le président de mon pays
"Demande ta grâce" à l'Italie
Ce n'est pas "ça" qui va calmer
Tes soutiens et tes amis
avec toi nous sommes désolés
Et nous sommes tous en colère
Le mot "France" a un goût amer
Nous continuerons à dire
Que nous sommes dégoûtés
Nous continuerons à écrire
que nous sommes tristes et souillés
Et que jamais, jamais
Cela n'aurait dû arriver
POUR TOUS ET TOUTES IL EST PAR NOUS EXIGÉ
LA VIE, LA PAIX, LA LIBERTÉ
LA VIE, LA PAIX, LA LIBERTÉ
LA VIE, LA PAIX, LA LIBERTÉ
Écrit le 1er août 2008, à Paris
Christine Mirété
L'auteure du poème armée d'un stylo, telle qu'elle aime à se définir :
Paris, esplanade de Beaubourg, rassemblement de soutien à Marina Petrella et aux réfugiés politiques italiens, jeudi 4 septembre 2008.