Depuis le 5 août 2008, Marina Petrella est en liberté sous contrôle judiciaire. Cependant, le décret d'extradition signé le 9 juin 2008 par le Premier ministre, François Fillon, est toujours valide.

Aujourd'hui, il est plus que nécessaire d'obtenir l'abrogation de ce décret d'extradition parce qu'il en va de la santé physique et psychologique de Marina Petrella, de nouveau "en grève de la vie".

Marina Petrella doit vivre libre en France parce que c'est la France qui l'a accueillie en 1993, en toute connaissance de sa situation judiciaire en Italie. C'est aussi la France qui lui a délivré un titre de séjour, permis d'obtenir des diplômes d'Etat et de travailler en toute légalité dans des collectivités territoriales et autres associations. C'est aussi la France qui lui a donné l'opportunité d'une seconde chance et ce, depuis 15 ans.

Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, doit ordonner maintenant l'abrogation du décret d'extradition.



Pour que les cinq sens de Marina Petrella retrouvent les couleurs de la vie et de la liberté, voici un poème, parmi les rares optimistes, de Cesare Pavese, écrivain et poète italien (1908-1950), intitulé Agonie, extrait de son recueil de poésies Travailler fatigue, éditions Gallimard, Collection Poésie, Paris, 1969 pour la traduction française. Lavorare stanca, Editeur Giulio Einaudi, Turin, 1961 pour le texte original.


 

Agonie.

 

J’errerai dans les rues jusqu’à l’épuisement,

je saurai vivre seule et fixer dans les yeux

les visages qui passent tout en restant la même.

Cette fraîcheur qui monte et qui cherche mes veines

est un éveil que jamais au matin je n’avais ressenti

si réel : seulement, je me sens plus forte que mon corps ;

et un frisson plus froid accompagne le matin.

 

Ils sont loin les matins où j’avais vingt ans.

Et demain vingt-et-un : demain je sortirai dans les rues,

j’en revois chaque pierre et les franges de ciel.

Les gens dès demain me verront à nouveau

et je marcherai droite, je pourrai m’arrêter,

me voir dans les vitrines. Les matins de jadis,

j’étais jeune et ne le savais pas, je ne savais pas même

que c’était moi qui passais – une femme, maîtresse

d’elle-même. L’enfant maigre que j’étais

s’est éveillé de pleurs qui ont duré des années :

Maintenant c’est comme si jamais ils n’avaient existé.

 

Je désire des couleurs et c’est tout. Les couleurs ne  pleurent pas,

elles sont comme un éveil : dès demain les couleurs

reviendront. Chaque femme sortira dans la rue,

chaque corps une couleur – et même les enfants.

Ce corps vêtu d’un rouge clair

après tant de pâleur retrouvera sa vie.

Je sentirai glisser les regards près de moi,

je saurai que j’existe en jetant un coup d’œil,

je me verrai dans la foule. Chaque nouveau matin,

je sortirai dans les rues en cherchant les couleurs.

Cesare Pavese

 



Aujourd'hui, jeudi 28 août 2008, le rassemblement de soutien à Marina Petrella et aux réfugiés politiques italiens a lieu à 18h30 sur l'esplanade du Centre Georges Pompidou (Beaubourg) à Paris.


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