Paris, le 24 mai 2008, manifestation pour le retrait des réformes de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale.
Depuis le 5 août 2008, Marina Petrella est en liberté sous contrôle judiciaire. Cependant, le décret d'extradition signé le 9 juin 2008 par le Premier ministre, François Fillon, est toujours
valide.
Aujourd'hui, il est plus que nécessaire d'obtenir l'abrogation de ce décret d'extradition parce qu'il en va de la santé physique et psychologique de Marina Petrella, de
nouveau "en grève de la vie".
Marina Petrella doit vivre libre en France parce que c'est la France qui l'a accueillie en 1993, en toute connaissance de sa situation judiciaire en Italie. C'est aussi la France qui lui a
délivré un titre de séjour, permis d'obtenir des diplômes d'Etat et de travailler en toute légalité dans des collectivités territoriales et autres associations. C'est aussi la France qui lui a
donné l'opportunité d'une seconde chance et ce, depuis 15 ans.
Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, doit ordonner maintenant l'abrogation du décret d'extradition.
Agonie
J’errerai dans les rues jusqu’à l’épuisement,
je saurai vivre seule et fixer dans les yeux
les visages qui passent tout en restant la même.
Cette fraîcheur qui monte et qui cherche mes veines
est un éveil que jamais au matin je n’avais ressenti
si réel : seulement, je me sens plus forte que mon corps ;
et un frisson plus froid accompagne le matin.
Ils sont loin les matins où j’avais vingt ans.
Et demain vingt-et-un : demain je sortirai dans les rues,
j’en revois chaque pierre et les franges de ciel.
Les gens dès demain me verront à nouveau
et je marcherai droite, je pourrai m’arrêter,
me voir dans les vitrines. Les matins de jadis,
j’étais jeune et ne le savais pas, je ne savais pas même
que c’était moi qui passais – une femme, maîtresse
d’elle-même. L’enfant maigre que j’étais
s’est éveillé de pleurs qui ont duré des années :
Maintenant c’est comme si jamais ils n’avaient existé.
Je désire des couleurs et c’est tout. Les couleurs ne
pleurent pas,
elles sont comme un éveil : dès demain les couleurs
reviendront. Chaque femme sortira dans la rue,
chaque corps une couleur – et même les enfants.
Ce corps vêtu d’un rouge clair
après tant de pâleur retrouvera sa vie.
Je sentirai glisser les regards près de moi,
je saurai que j’existe en jetant un coup d’œil,
je me verrai dans la foule. Chaque nouveau matin,
je sortirai dans les rues en cherchant les couleurs.
Cesare Pavese
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