En mai 1990, trois ex-militants de l'organisation Lotta Continua, dont Adriano Sofri, sont condamnés, sur la seule foi des aveux d'un "repenti", à vingt-deux ans d'emprisonnement pour le meurtre du commissaire Calabresi, assassiné à Milan en mai 1972. Evoquant les procès inquisitoriaux des XVIe et XVIIe siècles, cette affaire interroge l'historien Carlo Ginzburg qui se prononce pour la révision du procès. Voici son ouvrage :

Carlo Ginzburg, Le juge et l'historien. Considérations en marge du procès Sofri, Editions Verdier pour la traduction française, Paris, 1997. Titre original : Il giudice e lo storico, Giulio Einaudi editore, Torino, 1991.

 



Le 17 mai 1972, le commissaire Calabresi est assassiné à Milan. Ce policier avait été présenté comme responsable de la mort d'un anarchiste, Giuseppe Pinelli, dont on avait découvert le corps défenestré, en décembre 1969, dans le jardin de la préfecture de police... Seize ans plus tard, Leonardo Marino, ex-militant du groupe Lotta Continua, s'accuse d'avoir participé au meurtre et met en cause ses camarades Ovidio Bompressi, Giorgio Pietrostefani et Adriano Sofri. Au terme d'un périple judiciaire - sept procès en neuf ans - les trois hommes sont condamnés, sans preuve et sur la seule foi des « aveux » de ce « repenti », à vingt-deux ans d'emprisonnement, tandis que leur accusateur bénéficie de la prescription.

Dans cette affaire, l'auteur retrouve maints aspects des procès en sorcellerie de l'Inquisition qu'il a souvent étudiés. La réflexion méthodologique sur les indices et les preuves, et l'analyse des démarches comparées du juge et de l'historien, se mêlent ici à une étude minutieuse des documents et témoignages, qui révèle l'inconsistance des accusations portées. Comment cette affaire fut-elle possible en démocratie ?


Lire le chapitre un de cet ouvrage.

Plus d’infos sur le livre : http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-jugehisto.html

Plus d’infos sur Carlo Ginzburg : http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-ginzburg.html




Ovidio Bompressi fut grâcié le 31 mai 2006 par le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, pour de graves raisons de santé.

Adriano Sofri se trouve actuellement en détention à son domicile.
En 1997, à l’issue d’un très long procès et d’une condamnation, commence la période de détention de Adriano Sofri à la prison San Giovanni Bosco de Pise.
En juin 2005, il obtient la semi-liberté pour collaborer avec l’Ecole Normale Supérieure de Pise à l’organisation des archives de Eugenio Garin (1909-2004 ; philosophe italien et historien de la philosophie) et Sebastiano Timpanaro (1923-2000 ; philologue classique, essayiste et critique littéraire italien).
En novembre 2005, il est atteint du syndrome de Boerhaave, une maladie plutôt rare qui entraîne la rupture de cinq centimètres de l’œsophage. En raison des mauvaises conditions de santé qui l’amènent à l’hôpital Santa Chiara de Pise, la suspension de sa peine lui est accordée.
En janvier 2006, il est libre, le temps de sa convalescence.

Giorgio Pietrostefani, de lui-même, quitte la France le 29 janvier 1997 pour être à son tour emprisonné à Pise.Trois demandes de grâce refusées : 1997, 2001-2006, actuellement.

 

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