Renault, Saint-Gobain, Siemens, Good Year, etc., s'apprêtent à licencier bon nombre de leurs salariés. Derrière ces grandes entreprises, des petites qui en dépendent et donc des personnes avec une famille et une vie.
Cette semaine, Renault annonce des bénéfices exceptionnels pour 2007 et dans la foulée, la suppression de 5.000 emplois. Comme d'habitude, des salariés sont touchés de plein fouet et des actionnaires se remplissent les poches.

Voici un extrait d'un texte intitulé United Problems of Coût de la Main-d’œuvre.
Ce texte fait partie de l'ouvrage de Jean-Charles Massera intitulé United Emmerdements of New Order, Editions P.O.L., Paris, 2002.




Ceux qui savent c’que c’est d’plus avoir de téléphone ou d’chéquier et de d’voir faire la queue pendant trois quarts d’heure à la Poste pour savoir si t’as r’çu ton vir’ment ont été accusés de brader les intérêts d’la boîte où bossait la sœur à Christian en cédant 33% de leur capital à un partenaire stratégique privilégié. Que répondez-vous ?

 

Nous avons décidé une double transformation du groupe auquel appartenait la boîte où travaillait la sœur à Christian. D’une part, il fusionne avec un partenaire dont les sites sont pour la plupart implantés dans des pays où tu peux être sûr que là tout l’monde s’écrase sur les droits d’l’homme, avec lequel il obtient d’importantes synergies industrielles. D’autre part, il devient une société cotée dont les actions détenues par des gens qui savent pas c’que c’est d’dire non à son gamin alors que tous les copains en ont circuleront sur les marchés et établiront sa valeur. Si nous avons fait ce choix, c’est pour permettre au nouvel ensemble de trouver pour ses projets, dans la durée, des financements beaucoup plus amples que le budget du groupe auquel appartenait la boîte où travaillait la sœur à Christian, seul, apporterait. Tous ceux qui travaillaient dans le même atelier qu’elle et qui sont restés, notamment ceux qui ont dû aller vivre à Roubaix et avec qui j’en ai parlé fréquemment, ont compris cette stratégie. La plupart l’approuvent et les autres, comme la sœur à Christian, ne proposent pas d’alternatives. Au moment de ce changement, on ne peut pas décréter l’endroit où on veut vivre à la place du groupe, ni le déduire en fonction du lieu où habite la famille. On l’établit en conformité avec les méthodes qui ont cours sur les marchés où tu peux même plus être sûr que ta boîte s’ra là en septembre, bases de la confiance pour ceux qui savent peut-être pas c’que c’est d’plus avoir de téléphone ou d’chéquier et d’voir faire la queue pendant trois quarts d’heure à la Poste pour savoir si t’as r’çu ton vir’ment, mais investissent dans des trucs dont on voit jamais la couleur. S’il y a d’un côté les très grands atouts du savoir-faire de la sœur à Christian, de la stabilité qu’elle avait retrouvée auprès de Michel depuis qu’il avait r’trouvé un boulot, et de l’entrain que ça lui donnait au retouchage, il y a aussi des facteurs qui viennent en soustraction : les risques techniques dus à la vétusté du poste de travail qu’elle occupait ou la faible marge dégagée sur les portières.

Jean-Charles Massera, United Problems of Coût de la Main-d’œuvre in United Emmerdements of New Order, Editions P.O.L., Paris, 2002.

 

 

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