Le 3 juillet, je publiai ici un article intitulé Libération d'Ingrid Bétancourt ? On s'en fout !

Dix jours plus tard, j'ai toujours la même position que celle prise dans l'article. Le tapage médiatique (télévision, presse écrite), les relations de Mme Bétancourt avec la classe politique française, entre autres, ont aidé à sa libération. Je renouvelle ma seule position positive : "Tant mieux pour elle et pour sa famille".

Depuis quelques années, j'agis pour que les réfugiés politiques italiens qui vivent sur le sol français ne soient pas extradés vers l'Italie. Pour en savoir plus, lire
Libération de Marina Petrella et protection des réfugiés italiens

Depuis son retour de Colombie, Ingrid Bétancourt proclame sa foi chrétienne à tout-va et selon elle, Dieu et la Vierge Marie sont largement intervenus tout au long de sa captivité et pour sa libération. Entre prière sur le tarmac de Bogota, chapelet en permanence autour du poignet, voyage à Lourdes, souhait de rencontrer Benoît XVI (pas prêt à la recevoir parce qu'il a plein de boulot et probablement parce que la visite de Sarkozy avec Bigard et le curé en jeans et cheveux longs l'a excédé...). Et si Sainte-Ingrid sauvait Marina Petrella ?

Bref ! Marina Petrella ne bénéficie pas du tapage médiatique et de relations avec la classe politique française ni même avec celle de son pays, l'Italie. Elle bénéficie du soutien d'intellectuels français et italiens, et de citoyens français, franco-italiens et italiens. Visiblement, cela ne suffit pas !

Cependant, quelques articles fleurissent de temps en temps dans la presse écrite : Le Monde, Libération, L'Humanité. Des magazines féminins tels que Elle (voir éditorial du 5 juillet 2008 :
http://www.paroledonnee.info) et Marie-Claire (éditorial à paraître dans le prochain numéro et reproduit ci-dessous) commencent de réagir à la situation de Marina Petrella.

Ce samedi 12 juillet, France 3 Paris, dans son édition de 19h, présentait un court et donc très incomplet reportage sur Marina Petrella. Même court et très incomplet, ce reportage témoigne d'un intérêt pour le sort de Marina Petrella.

Précision très importante : Marina Petrella n'était pas une terroriste. A l'époque des faits qui lui sont reprochés, ce terme n'existait pas. Marina Petrella fut, comme tous ceux de sa génération ayant participé aux années de plomb en Italie, une révolutionnaire. Car cette période de l'histoire de l'Italie fut une révolution sociale. Rien d'autre. L'invention des termes "terrorisme, terroriste" vint avec le 11 septembre 2001...

Pour la libération de Paolo Persichetti, Cesare Battisti, Marina Petrella et la protection de tous les réfugiés politiques italiens.


 

Le magazine féminin "Marie-Claire" s'engage

LETTRE OUVERTE A INGRID BETANCOURT

 

Chère Ingrid. Nous étions avec vous le jour de votre enlèvement par les Farcs, le 23 février 2002, en la personne de notre photographe Alain Keler. Nous sommes avec vous aujourd’hui, à partager l’allégresse de votre liberté retrouvée. Au nom de nos trois millions de lectrices, au nom de notre amour commun pour une France que vous qualifiez de « douce », nous nous permettons de faire appel à vous.

A  votre arrivée à l’aéroport de Villacoublay, Nicolas Sarkozy, sa main dans la vôtre, vous promet devant tout le pays d’accueillir les  Farcs qui « abandonneront les armes,  qui se comporteront en respectant la dignité des personnes ». En songeant  à une paix future entre les Farcs et la société colombienne, il s’engage donc à offrir l’impunité à des terroristes toujours en activité, qui continuent de rançonner et de tuer. Au moment où il vous fait cette promesse, il en trahit une autre tenue par la France depuis 1985. Il s’agissait à l’époque d’offrir l’asile aux brigadistes italiens ayant renoncé à toute violence.

En août 2007, Marina Petrella, assistante sociale depuis plus de dix ans dans la banlieue parisienne, est arrêtée par la police. A 54 ans, cette femme se laisse aujourd’hui mourir de désespoir dans une cellule de l’unité psychiatrique de Fleury Mérogis. Sa fille Elisa se bat pour elle. En vain….

Le mardi 7  juillet,  Nicolas Sarkozy déclare que la France livrera bel et bien Marina Petrella à la justice italienne. Il déclare espérer une grâce hypothétique du président Napolitano, ajoutant la bonne conscience au parjure.

Nous savons à quel point vous êtes passionnée par la justice, la liberté, l’intangibilité de la parole donnée.
Nous vous demandons de faire tout votre possible  pour obtenir du président Sarkozy que ces valeurs soient respectées, que Marina Petrella retrouve la liberté qui lui a été retirée.

Nous vous embrassons affectueusement.

                        La Rédaction de Marie-Claire

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