Ce jeudi 31 janvier 2008, entre 10h et 11h30, Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, est venue à l’Université Paris 13 à Villetaneuse en Seine-Saint-Denis.

L’objet de cette visite était la signature d’une charte « égalité des chances » entre l’Université Paris 13 et l’institution HEC, Hautes Etudes Commerciales, située à Jouy-en-Josas.
 
En substance, cette charte annonce la collaboration des deux établissements en faveur de la poursuite d’études au profit des étudiants. Autrement dit, des étudiants méritants (?) de Paris 13 pourront poursuivre des études à HEC. Et des étudiants de HEC (méritants ?) auront l’opportunité de poursuivre un cursus à Paris 13. On se marre ! 

Pendant que la ministre papotait avec le président de l'Université Paris 13, Alain Neuman (bientôt à la retraite...) et le directeur de HEC, des étudiants et des personnels mobilisés, depuis plus de cinq mois, contre la loi "Libertés et responsabilités des universités" manifestaient pacifiquement devant la présidence.

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Après la signature de la charte, la ministre s'est rendue en amphi pour y rencontrer des étudiants, des enseignants et des personnels administratifs et techniques triés sur le volet.

Pas triés sur le volet, des étudiants et des personnels anti-LRU eurent accès à l'amphi et une place pour écouter :
1. Le discours insipide et lèche-bottes du président de l'Université Paris 13,
2. Le discours insipide et lèche-bottes du directeur de HEC,
3. Le discours sans fond de Valérie Pécresse.

A peine les trois premiers mots prononcés, la ministre fut interrompue par un enseignant scandant "Abrogation de la LRU". Dès ce moment, Valérie Pécresse fut déstabilisée et le resta tout au long de son discours sans cesse interrompu par des personnels et des étudiants naturellement anti-LRU.

Elle a refusé de débattre sur le fond de la loi LRU.

Pendant ce temps-là, hors amphi, étudiants et personnels anti-LRU clamaient à tue-tête des slogans étouffés par les doubles portes surveillées par des policiers en civil ne portant aucun brassard pour être identifiés.

Puis, en un instant, l'amphi fut envahi par mes compagnons de lutte anti-LRU. J'apprendrai plus tard que des échauffourées entre policiers et étudiants eurent lieu devant l'amphi barricadé. Ah ouais, je me suis retrouvée enfermée avec Pécresse ? Elle est pas belle, la démocratie ?

En deux temps trois mouvements, Pécresse enfila son manteau, empoigna son sac à main et entourée de gardes du corps, elle quittait l'amphi au moment même où une belle laitue bien dodue tombait à ses pieds. Au dehors, elle fut suivie par des étudiants et personnels heureux de la voir partir au pas de course.

La banlieue, ça craint, Madame ? 

Non, ça ne craint pas la banlieue ! C'est vous qui craignez ! C'est vous en tant que ministre, le gouvernement auquel vous appartenez, la politique que vous menez ensemble !

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De gauche à droite : Valérie Pécresse, Alain Neuman et le directeur de HEC.


Valérie Pécresse ne reviendra pas à Paris 13.
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