Notre-Dame-des-Landes, lieu-dit Montjean, rassemblement "Semailles de démocratie", le 9 juillet 2016.

Notre-Dame-des-Landes, lieu-dit Montjean, rassemblement "Semailles de démocratie", le 9 juillet 2016.

À Paris, le cortège de la manifestation partira à 14 heures, de la place de la Bastille vers celle de la République par les boulevards Beaumarchais, des Filles du calvaire et du Temple (trajet de 1,7 km). Sauf surprise de dernière minute avec une affluence record et imprévue de manifestant-es, ce trajet Bastille-République augure, pour l'instant, une faible participation.

Les raisons secondaires pour lesquelles je ne manifesterai pas sont au nombre de six :

1. Je refuse les barrages filtrants des CRS et autres flics pour accéder au lieu de départ de la manifestation ;

2. Je refuse de répondre aux injonctions des flics, tous corps confondus, pour ouvrir le sac à dos et celui de l'appareil photo. En d'autres termes, subir une fouille sous prétexte de l'état d'urgence ;

3. Je refuse de me rendre d'un point A à un point B en chantant des chansons et en scandant des slogans du genre "Hollande, démission", " Valls, démission", "Tout le monde déteste la loi travail", "Police partout, justice nulle part", "Résistances", etc. ;

4. Je refuse la présence de hordes de CRS à tous les coins de rues, devant et derrière le cortège, et sur les côtés ;

5. Je refuse de subir les violences de l'État via les CRS (gaz lacrymogène, canons à eau, coups de matraque, tirs de flashball, coups de pied au cul, etc.) ;

6. Je refuse une déambulation de deux heures dans la rue avec une journée de grève et le lendemain retour au train-train quotidien pour chacun-e. Tenir la rue, oui, jour et nuit, pour arriver à nos fins.

Au soir du 15 septembre, si on m'assure que Paris et d'autres villes du pays sont aux mains du peuple, que des barricades sont dressées dans les rues, que la révolution est en cours et que ce putain de gouvernement sera renversé dans les heures qui suivront, alors, oui, je sortirai de ma tanière et rejoindrai mes concitoyen-nes en lutte.

Ma désaffection à ce 15 septembre est surtout liée à la colère que j'éprouve depuis le 5 juillet, date de la dernière manifestation pour le retrait du projet de loi travail. Depuis, la loi promulguée le 8 août est parue au Journal officiel le 9 août (fête de Saint-Amour, martyr du Jura, dans le calendrier catholique !).
Donc, 5 juillet-15 septembre : 2 mois et 10 jours pendant lesquels on nous conseillait d'envoyer une carte à Hollande pour lui signifier qu'on reviendrait après des congés payés bien mérités. Je n'ai pas expédié cette carte.
Oui, je suis en colère car, finalement, je considère que nous sommes toutes et tous des bourgeois-es. On arrête la lutte contre cette loi scélérate le temps des vacances.

Sur le Net, on voit fleurir des messages subliminaux d'appel à la grève et aux manifestations partout en France le 15 septembre. On bloquera tout, dit l'un de ces messages. On va voir ce qu'on va voir ! J'ai hâte de voir le 15 septembre au soir et les jours qui suivront.

Parmi les tas d'urgences, une seule : bloquer l'État... d'urgence !

Nos enfants cracheront sur nos tombes, une seconde fois.

Paris, le 6 septembre 2016. #ElPuebloArmadoJamasSeraVencido.

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