[...] « Je vais à 18. Il était déjà assis là quand on est arrivés ; je crois que c'est une réunion.
- Je peux. Une réunion politique, oui.
- 20. Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- J'ai. Ben, je veux dire que le type devant la porte avait encore sa veste quand on est arrivés, avec ce drôle de signe sur le brassard.
- 23. Quel drôle de signe ?
- On joue à la parlotte ?
- J'ai. Ben, ce truc noir, avec deux bras cassés, en croix, au milieu d'un cercle blanc.
- Je peux. 24. Quelle croix ?
- Bon Dieu, cette croix, qu'ils ont, là, sur leur brassard, ces cons.
- J'écoute. Quelle croix ?
- 27 ! »
Arno vit Max Kaloschke se frapper le front : « Croix gammée ! Ça s'appelle croix gammée, ce truc des..., euh, comment qu'ils s'appellent déjà ? »
Gregor éclata de rire : « NSDAP, Parti national socialiste ouvrier, il y a de quoi se tordre ! C'est des fascistes, des criminels de droite, une putain de bande d'assassins.
- T'as 27 points dans ton jeu, ou pas ? »
Gregor ferma l'éventail de ses cartes : « Passe. Bon, Fiffi, tu joues quel pique ?
- Tout-atouts. J'ai feuilleté une fois le livre que la grosse tête de cette association a écrit : vous pouvez me croire, c'est l'horreur garantie. » [...]

Richard Birkefeld et Göran Hachmeister, Des hommes de tête, 2013, page 203. Deutsche Meisterschaft : titre original. Eichborn AG, Francfort.

Contexte de l'extrait : quatre copains, Arno, Max, Fiffi et Gregor, coureurs motocyclistes, jouent aux cartes dans un bistrot. On est dans l'Allemagne de la République de Weimar en 1926 à Nideggen, dans la région de l'Eifel.

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