À partir du IVe siècle, l'Eglise choisit le 25 décembre pour célébrer la naissance de Jésus-Christ (pourtant aucun texte chrétien ne précise quel jour il est né), principalement dans le but de substituer cette fête chrétienne aux fêtes païennes en usage à l'époque : la renaissance du Soleil invaincu (Sol invictus) [1], le solstice d'hiver (aujourd'hui les 21 ou 22 décembre dans l'hémisphère Nord, soit la journée la plus courte et donc la nuit la plus longue) [2] et les Saturnales célébrées à Rome en l'honneur de Saturne, dieu de la mythologie romaine des semailles et de l'agriculture (Cronos ou Kronos en grec. À ne pas confondre avec Chronos, personnification du temps). Lors de ces Saturnales, on fêtait aussi la liberté et le monde à l'envers : jour de liberté des esclaves à Rome, les esclaves devenaient les maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves [3].

Dix-sept siècles plus tard, toujours le 25 décembre, les Chrétiens fêtent la naissance de Jésus. Des athées fêtent la lumière. Quant aux capitalistes et aux actionnaires des entreprises cotées au CAC 40, elles et ils se frottent les mains : il paraît que chaque Français-e dépense au moins 532 € (France Inter, 22/12/13), chiffre revu à la baisse le lendemain : 325 € (France Inter, 23/12/13) en cette période de Noël.

Et pendant ce temps-là :

François Hollande espère toujours inverser la courbe du chômage avant le 31 décembre 2013 [peut s'enorgueillir de faire mieux que Sarkozy : jeter dans la rue des acteurs de centres équestres (personnels, cavaliers et même des chevaux) pour cause de hausse de la TVA de 7 à 20% à partir du 1er janvier 2014] ; Nicolas Sarkozy se (re)voit en sauveur de son patrimoine, de la France et de la planète à partir de 2017 ; Marine Le Pen cherche des candidat-e-s pour les prochaines élections municipales de 2014 ; et, enfin, la formation politique Europe Écologie-Les Verts (dont il est toujours difficile de savoir qui mène la herse) opère de petits arrangements avec ses amis socialistes pour maintenir fonctions et privilèges dans le gouvernement Ayrault, au lieu de s'occuper des terres agricoles menacées par le béton (Mais bon, la terre grasse ça salit les mocassins) ou de sortir la France du nucléaire avant que l'un des 58 réacteurs ne nous pète à la gueule (Mais bon, on ne va quand même pas revenir à la bougie. Quoi ? C'est quoi, ça, les énergies renouvelables ?).
Allez, viens, on va chercher le pain en bagnole, le vent souffle fort. Au fait, chéri, j'ai oublié de te dire : un wagon de déchets nucléaires radioactifs a déraillé à la gare de triage de Drancy, ce 23 décembre, pas de contamination, dit-on. On fait quoi ? On y va avec la banderole ? Ah non, merde, c'est Noël ! Roule, et mets le chauffage à fond.

Bonne fête de la lumière à toutes et à tous.

[1] Sol invictus.

[2] Solstice d'hiver.

[3] Les Saturnales ou « Le Noël des Romains ».

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